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La vie d’artiste

La Vie D’artiste

Dans une autre vie, j’ai accompagné des artistes aux 4 coins du monde durant 7 ans.
Cela m’a appris l’ouverture aux autres, à devenir de plus en plus sociable, l’humilité, la flexibilité, mais surtout, de découvrir des destinations que je n’aurai pas pu m’offrir à l’époque.

Mon ex-fiancé – avec qui j’avais initialement monté ce blog et pour projet un tour du monde – travaille dans l’industrie des spectacles. Il organise les tournées de plusieurs humoristes. Et lorsque l’on a un petit-ami qui passe 60% de son temps en déplacement, il faut bien l’accompagner, histoire d’avoir une vie privée et un certain équilibre.

 

Parenthèses d’un Divine idylle.

Je côtoyais un univers que je ne connaissais absolument pas. C’était un monde à l’opposé de mon petit rythme d’étudiante en Art, puis de directrice artistique dans la publicité. Et cela me fascinait.

J’ai pu découvrir de telles choses. Avoir les yeux qui pétillent très souvent. Comme rarement quelqu’un pourra vivre je pense. Je savourais la chance que j’avais de vivre cela.

Durant les 3 premières années, je l’ai beaucoup suivi dans ses déplacements.
Suisse, Belgique, Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Irlande et pas mal de villes en France aussi : Lyon, Bordeaux, Nice, Monaco, Aigues-Mortes… et bien-sur Avignon.

J’ai vécue les dîners tardifs, après le spectacle et les échanges avec des fans. Ces restaurateurs qui ouvraient tard pour nous recevoir. Les verres de vins qui tintent. Les rires tard dans l’obscurité.
J’ai vécue les nuits trop courtes et passionnées dans les chambres d’hôtel avec lit King size, peignoirs et SPA comme au Beaurivage à Lausanne ou à l’Intercontinental de Tahiti…

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Un amour passion.

Je l’appelais Big. Il m’appelait Mariposa.

Nous vivions le plus beau, le plus fort. Nous avions comme maître mot : Toute une vie ensemble, Nos règles.
La Javanaise, les Chandelles, Histoire d’Ô sont des mots qui frôlaient doucement nos oreilles.

Paris – Tokyo – Nouméa – Tahiti – Miami – Paris

En 2012, accompagnant un artiste en tournée, il nous est arrivé de faire le tour du globe en moins de 7 jours, et d’enchaîner sur quelques jours en Irlande.

Je n’ai jamais ressenti autant d’émotions différentes que durant ce séjour.

L’excitation de nager avec des dauphins à Moorea, l’adrénaline de faire un tour d’hélicoptère à Tahiti, la joie de retrouver Axel, un ami de longue date, expatrié à Nouméa depuis quelques années (et même si c’était pour quelques heures, j’avais été ravie de le revoir, assis sur un bord de plage, à se raconter notre quotidien comme si l’on s’était quittés la veille), la fatigue des décalages horaires, le stress de voir mon mec sous tension professionnelle, la tristesse de ressentir par moments son ignorance à mon égard… un éventail du panel des émotions.

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Mon train-train quotidien bousculé en permanence

Souvent l’on m’a dit « oui, et puis ça casse le quotidien ».
J’acquiesçais durant des années, en vantant les mérites : pas de lassitude avec le rythme de nos rencontres qui change tout le temps. « J’ai aussi du temps pour moi, mes amis, m’investir au travail » disais-je.

Au final, après réflexion, c’était cela, notre quotidien. Une course-poursuite d’allers et venus.

Lui, toujours sur le départ. Sa vie tient dans une valise. Et dans un même routine : Rentrer fatigué. Machine à laver.
Moi, toujours dans l’attente. Ma vie était rythmée par la sienne. Et par une même routine : Accueil chaleureux. Diner préparé.
Nous, moments partagés. Passion et quotidien à régler avant à nouveau cette fichue valise à faire, que je détestais tant.

Enfin, re-départ. Et bis repetitas.

Des petits rituels…

Lorsque l’on racontait nos derniers voyages à nos amis, nous percevions les étoiles dans leurs yeux.
Comment serait-ce autrement, lorsqu’il évoquait une anecdote à Marrakech avec un artiste, ou qu’il avait dévalé le désert à Dubaï toute une journée en quad, alors que nous n’avions qu’à raconter une semaine quelconque de travail de bureau !
Mais je ne m’en suis jamais vantée. Pas d’étalages outre-mesure. Nous avions seulement des amis « connus »…

Souvent sa vie (et la notre par extension) en a fait rêver plus d’un.

 

Souvent les spectacles sont les vendredis et samedis aussi. Ce qui laisse peu d’occasions de dîner avec ses amis, ou d’aller au cinéma ou faire le marché le dimanche.
Lorsque vous rigoliez assis dans votre siège, il est probable que moi, je m’impatientais du retour de l’homme que j’aime. La vie de marin en Île-de-France en quelques sortes :)

Il nous arrivait tout de même d’inviter des amis à dîner à la maison et d’en garder des souvenirs mémorables. On sortait de belles bouteilles de la cave à vin et Sébastien se mettait aux fourneaux. Des soirées qui terminaient souvent au digestif et au cigare à 3h ou 4h du matin !
Pour construire son couple au milieu de tout ce mouvement, il faut faire preuve d’imagination…
C’est pourquoi souvent, lorsque mon emploi du temps me le permettait, je sautais dans un train et le rejoignais le temps d’un week-end.

Dans chacun des hôtels où nous avons été, nous avions nos petits rituels :

– En arrivant, je courrai voir les miniatures de la salle de bains, comme une enfant qui découvre un trésor.
– Le soir, le moment des « Petites croix » – celui où l’on remplit la carte du petit-déjeuner – signé d’un « Merci » à l’attention de l’équipe du matin, toujours.
– Lui écoutait de la musique sur son enceinte portable qui ne le quittait jamais.
– Un petit mot griffonné sur le papier à entête que je glissais dans sa valise à roulettes.
– Chaque année, durant quelques jours, nous trouvions refuge chez un ami, dans son hôtel : une ancienne Abbaye située dans le sud de la France.
Nos premières nuits amoureuses ont eues lieu là-bas. Nos fiançailles aussi. Notre mariage y était prévu. C’était un lieu sacré, un rituel immuable…

C’était notre manière de nous construire une bulle au milieu de cette vie à 200 à l’heure.

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En coulisses…

Les paillettes ne font pas tout !
J’assistais aux répétitions et aux balances. Puis, je vous observais à rire ou vous questionner sur la durée du spectacle. Attirés par l’artiste mis en lumière, vous ne me voyiez pas, moi, cachée comme une petite souris, derrière le rideau rouge de la scène.

J’ai appris à être discrète et n’entendre qu’avec une demi-oreille,  lorsque les égos sur-dimensionnés montaient le ton, les histoires d’argent,…

J’étais là aussi dans les moments moins roses. L’épaule sur laquelle se reposer lorsque la pression était trop forte, lorsque ça tire dans les coins. J’étais celle qui donnait de l’énergie, lorsque la fatigue prenait le dessus. Et lorsque qu’il n’était pas en gala, il fallait faire avec un homme qui a un rythme décalé, et l’envie moyenne de me suivre lorsque je lui parlais d’une expo ou d’une ballade au bois de Vincennes. Mais il y avait les bouquets de fleurs, les cadeaux, les restaurants, les surprises, les week-ends en amoureux, la passion… l’amour surtout !

 

Rideau !

Avec les années et la distance, le couple s’éteint peu à peu, sur fond de tentatives échouées d’achat d’une maison au Mexique ou de fonder une famille.
Une vie se termine pour être remplacée par une autre.

De cette aventure, j’en garde des souvenirs intenses. Certains très bons et d’autres moins, mais tout aussi marqués dans mon esprit. Quand j’y repense, c’est une accumulation d’images qui se pointent à mille à l’heure devant mes yeux.
Quelques larmes au bord des cils. Joie mélangée à tristesse. Mélancolie.

Aujourd’hui, ce chapitre de ma vie est terminé, et j’en attaque un nouveau, tourné vers la photographie. De loin en loin il m’a toujours poussé dans cette passion.
Autre partie de mon nouveau chapitre : les voyages, encore et toujours.  Car c’est bien cela, l’essentiel que j’ai reçu en héritage de cette histoire passée. Le goût de la découverte du monde.

J’ai appris à autant savourer un cocktail dans un un hôtel cinq étoiles qu’un sourire échangé avec un enfant, dans une gare au fin fond de l’Asie…
Et rien que pour cela, Merci Sébastien Pontoizeau.

Je te laisserai des mots

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Bonsoir,

    Je suis tombée sur ce blog par hasard, en cherchant des photos de mon passé, dans un moment de nostalgie.
    J’ai rencontré Sébastien alors qu’il était en tournée avec Antho, à Annecy. Je n’ai pas vécu une histoire aussi forte que la vôtre, loin s’en faut, et je commence à comprendre pourquoi. Je pense qu’il a été très marqué, qu’il n’était pas prêt à vivre autre chose. Nous nous ressemblons, d’après les photos (les yeux bleus en particulier), tu écris très bien (je suis prof de français…), tu parles de voyages (je rentrais d’Afrique!).
    C’est étonnant de voir comme la vie passe et comme chacun se cherche, dans les yeux d’un autre.

    Je suis tombée sous son charme au premier regard. Ce fut une histoire entrecoupée par ses voyages et nos retrouvailles lorsqu’il était dans les environs. J’ai ressenti ce que tu décris. Je l’avais vécu durant des années lors de mes années d’expatriation avec le père de mes enfants. Mais il n’était pas prêt à aller plus loin et je ne voulais plus de ce genre de vie.

    Je garde un souvenir très romantique de ce prince charmant, séducteur, doux, drôle et tellement attentionné.

    Merci de ce récit où je me suis retrouvée et qui m’a touchée.

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